Comment arrêter d’acheter des vêtements (soldes, applis, seconde main)
Jobbya ·
Pour arrêter d’acheter des vêtements, commence par compter ceux que tu as : dans une étude de l’ADEME, les personnes déclaraient en moyenne 79 pièces, et le compte réel approchait plutôt 175[1][2]. Ensuite, désamorce les trois moments qui font acheter : les soldes, les notifications des applis, et la seconde main quand elle devient un réflexe.
Commencer par ce que tu as déjà
L’ADEME, l’agence de la transition écologique, a fait étudier nos achats de vêtements avec l’ObSoCo, un institut d’études : une enquête auprès de 4 000 personnes, complétée par une étude de comportement auprès de 159 d’entre elles[1][2]. Le constat est net : les gens déclaraient en moyenne 79 pièces, le compte réel tournait plutôt autour de 175, et plus de la moitié de ces vêtements était rangée sans être portée[2].
L’étude compte aussi 120 millions de vêtements achetés depuis plus de trois mois et portés deux fois au plus, voire jamais. Et seuls 19 % des personnes interrogées jugent leurs propres achats de vêtements excessifs[2] : on ne se voit pas acheter.
Le geste : choisis une catégorie (les t-shirts, les pulls, les jeans), sors tout, compte. Tu n’as rien à jeter ni à trier : juste un nombre. Celui-là, tu t’en souviendras la prochaine fois qu’un t-shirt te fera envie.
Les soldes : quatre semaines, deux fois par an
Les soldes reviennent deux fois par an, pour quatre semaines : en janvier, puis à la fin juin. Les produits soldés doivent avoir été proposés à la vente depuis au moins un mois, l’étiquette doit indiquer un prix de référence à côté du prix réduit, et ils gardent les mêmes garanties que les autres[3].
Exemple
Un pull à 60 €, soldé à 36 €. Si tu n’allais pas l’acheter, tu ne gagnes pas 24 € : tu en dépenses 36.
Le regret suit souvent la promotion : aux États-Unis, 42 % des adultes disent avoir regretté un achat soldé, et parmi les personnes qui regrettent un achat, 62 % reconnaissent qu’elles n’en avaient pas vraiment besoin (Google et Ipsos, 2023)[4].
Le geste : fais ta liste avant le premier jour, avec les tailles et un plafond. Ce qui n’y est pas attend la fin des soldes. S’il te manque encore à ce moment-là, tu sauras que ce n’était pas le prix barré qui parlait.
Les applis : ce qui te fait revenir
Une appli de mode ne ferme jamais. Une doctorante de l’université de Bordeaux, Marie Boudi, a interrogé des personnes qui achètent sur des plateformes de mode de seconde main. Elle décrit un glissement, d’un loisir choisi à un besoin d’y retourner où l’on perd la main, puis la culpabilité et le regret. L’article qui présente ses travaux pointe aussi ce qui fait revenir : un catalogue qui se renouvelle sans cesse, les notifications, la peur de rater la bonne affaire[5].
Trois gestes, dans l’ordre :
- coupe les notifications de l’appli : sur iPhone dans Réglages puis Notifications, sur Android dans les paramètres de notifications[6][7] ;
- sors l’appli de ton écran d’accueil : l’ouvrir redevient une décision ;
- retire la carte enregistrée dans l’appli : en règle générale, un site ne la garde pour tes prochains achats qu’avec ton accord, et la CNIL recommande qu’il te laisse le retirer simplement, sans frais[8].
La seconde main reste une dépense
Acheter d’occasion coûte souvent moins cher. Mais c’est de l’argent qui part, et l’étude de l’ADEME montre que, pour beaucoup d’acheteurs, ces plateformes sont un fournisseur de plus, à côté du neuf plutôt qu’à sa place. Elle relève aussi que l’argent d’une revente sert, dans la moitié des cas, à racheter d’autres vêtements ou part dans d’autres dépenses[2].
L’argument « je pourrai toujours le revendre » est justement celui que décrit l’étude de Bordeaux : la revente rassure au moment d’acheter[5]. Or revendre prend du temps, et l’argent récupéré repart vite.
Le geste : quand tu mets un vêtement en vente, décide avant où ira l’argent (ton épargne, une dépense précise). Sinon, il retourne dans l’appli.
La règle des trente jours
C’est la plus simple, et elle marche pour le neuf comme pour l’occasion : quand un vêtement te fait envie, tu ne l’achètes pas tout de suite. Tu notes ce que c’est, son prix et la date. Trente jours plus tard, tu relis ta liste.
Exemple
Le 3 octobre, tu notes « une veste en jean, 45 € ». Le 2 novembre, tu relis. Si tu y penses encore, que tu vois avec quoi la porter et que les 45 € sont là, achète-la, sans te le reprocher. Si tu avais oublié qu’elle était sur la liste, tu as ta réponse, et tes 45 € aussi.
Deux précisions. Ce n’est pas une règle de privation : ce qui manque vraiment (des chaussures qui prennent l’eau, une tenue pour un entretien) n’attend pas. Et si tu comptais payer en plusieurs fois, regarde le prix entier, pas la mensualité : d’après une étude menée aux États-Unis, payer en plusieurs fois fait paraître l’achat moins cher, et fait dépenser davantage[9].
Si ça déborde
Si les achats de vêtements prennent une place qui te pèse, que tu n’arrives pas à acheter moins même quand tu l’as décidé, ou que l’argent commence à manquer, ce n’est plus une affaire d’astuces. Le guide Arrêter les achats impulsifs dit quand et à qui en parler. Et pour faire le point sur un budget, les Points conseil budget sont gratuits.
Laisser passer une envie, pour de faux d’abord
Tu écris le vêtement et son prix. Jobbya te montre le vrai total, te propose un délai (un jour ouvré, quinze ou trente jours), puis te fait faire l’achat pour de faux : rien n’est débité, aucune carte n’est demandée. Si l’envie passe, tu peux virer ce que tu aurais payé sur ton épargne, et seul ce que tu as vraiment viré est compté.
Essayer le faux achatGratuit pendant le test. Un abonnement est prévu.
Page écrite le , sources ci-dessous.
Sources
- « Analyse des pratiques liées aux achats de produits d’habillement », ADEME, avec l’ObSoCo et Goodwill Management, juin 2025 (mise en ligne le 24/06/2025), La librairie ADEME.
- Pierre Galio (chef du service Consommation et prévention de l’ADEME), « Surconsommation de vêtements : pourquoi la garde-robe des Français déborde », The Conversation, 3 septembre 2025. Présente les résultats de l’étude [1].
- « Soldes : règles à respecter », Service-public.gouv.fr, vérifié le 21/01/2026.
- « Many Americans have experienced buyer’s remorse », sondage Google et Ipsos, 26 juin 2023 ; 1 358 adultes aux États-Unis, interrogés du 12 au 14 mai 2023.
- Julia Garel, article sur l’étude de Marie Boudi (université de Bordeaux) consacrée aux plateformes de mode de seconde main, FashionUnited, 4 septembre 2025.
- « Modifier les réglages de notifications sur l’iPhone », Assistance Apple. Consultée le 28/09/2026.
- « Contrôler les notifications sur Android », Aide Android. Consultée le 28/09/2026.
- Délibération n° 2018-303 du 6 septembre 2018 portant adoption d’une recommandation concernant le traitement des données relatives à la carte de paiement, CNIL, point 5.3. Consultée le 28/09/2026.
- Stijn Maesen et Dionysius Ang, « Buy Now, Pay Later: Impact of Installment Payments on Customer Purchases », Journal of Marketing, vol. 89, n° 3, 2025 (en ligne le 5 décembre 2024).