Arrêter les achats impulsifs : six gestes qui ne demandent pas de volonté
Jobbya ·
Pour arrêter les achats impulsifs, ne compte pas sur ta volonté au moment où l’envie est la plus forte : change plutôt ce qui se passe avant. Retirer la carte enregistrée, couper les notifications des boutiques, te donner un délai, regarder le total plutôt que la mensualité : ça se règle une fois, à froid, et ça travaille ensuite à ta place.
Impulsif ou compulsif : de quoi on parle
Un achat impulsif, c’est un achat décidé sur le moment, qu’on n’avait pas prévu. C’est courant, et ça se regrette souvent : aux États-Unis, 42 % des adultes disent avoir regretté un achat fait en promotion, et parmi les personnes qui regrettent un achat, 62 % reconnaissent qu’elles n’en avaient pas vraiment besoin (Google et Ipsos, mai 2023)[8]. En Allemagne, 24 % des personnes qui achètent en ligne en payant plus tard (facture à régler sous 14 ou 30 jours, paiement mensuel ou en plusieurs fois) disent avoir déjà dépensé plus que prévu, 38 % chez les moins de 30 ans (BaFin, février 2026)[7].
L’achat compulsif, c’est autre chose : un besoin d’acheter qui revient, qu’on n’arrive pas à freiner, et qui fait souffrir. Il est bien plus rare : environ 5 % des adultes dans les études représentatives, selon une synthèse de 40 études menées dans 16 pays[9]. Les gestes qui suivent aident dans les deux cas. Dans le second, ils ne suffisent pas, et ce n’est pas un échec : c’est le moment d’en parler à quelqu’un.
1. Retirer la carte enregistrée
Payer en un clic, c’est justement ne plus avoir le temps de se poser la question. Or garder ta carte pour tes prochains achats ne va pas de soi : pour la CNIL, un site marchand doit te demander ton accord, qui ne se présume pas (par exemple une case que tu coches toi-même), et elle lui recommande de te donner sur le site un moyen simple de le retirer, sans frais[1].
Concrètement : sur les trois sites ou applis où tu achètes le plus, va dans ton compte et supprime la carte enregistrée. Regarde aussi ton navigateur : Chrome, par exemple, propose par défaut d’enregistrer et de remplir tes moyens de paiement, et ça se désactive dans ses paramètres de saisie automatique[2]. Retaper seize chiffres prend moins d’une minute. C’est précisément la minute qui manquait.
2. Couper les notifications des boutiques
Une notification de boutique n’arrive jamais au bon moment pour toi : elle arrive au bon moment pour la vente. Sur iPhone, les notifications se règlent application par application, dans Réglages puis Notifications[3]. Sur Android, dans les paramètres de notifications, ou en appuyant longuement sur une notification reçue[4]. Tant que tu y es, sors ces applis de ton écran d’accueil : les ouvrir redevient une décision.
Pour les mails et les SMS de promotion, un commerçant doit en principe avoir ton accord avant de t’en envoyer (sauf pour des produits proches de ceux que tu lui as déjà achetés), et chaque message doit te permettre de refuser les suivants simplement[5]. Le lien « se désinscrire » en bas des trois newsletters que tu ouvres le plus, c’est dix minutes, une fois.
3. Se donner un délai, décidé à froid
Un délai ne se négocie pas au moment de l’envie : tu le fixes maintenant, une fois pour toutes, selon le prix.
Exemple
- Moins de 50 € : une nuit.
- De 50 à 200 € : une semaine.
- Plus de 200 € : trente jours.
Ces seuils sont un exemple, pas une norme : mets les tiens, et écris-les quelque part.
Pendant le délai, note l’objet, son prix et la date du jour. Si l’envie est toujours là à la date prévue et que l’argent est là aussi, achète sans te le reprocher. Le but n’est pas de ne plus rien acheter : c’est que ce soit toi qui décides, pas le moment.
4. Regarder le total, pas la mensualité
« 4 × 60 € » et « 240 € », c’est la même dépense. Pourtant la première forme paraît plus légère : une étude publiée dans le Journal of Marketing montre, sur les achats réels des clients d’un grand distributeur américain et dans trois expériences, que payer en plusieurs fois allège la contrainte financière ressentie, notamment en faisant paraître l’achat moins cher, et qu’on achète alors davantage[6].
Le geste : avant de valider, dis-toi le prix entier. Si tu n’achèterais pas l’objet à 240 € aujourd’hui, 60 € par mois ne le rendent pas moins cher.
5. Faire la liste de ce qui part déjà chaque mois
Les paiements en plusieurs fois s’additionnent sans qu’on les voie ensemble. En Allemagne, 14 % des personnes qui achètent en ligne en payant plus tard disent avoir déjà perdu le fil de ce qu’elles devaient, 24 % chez les moins de 30 ans[7]. Une liste suffit : ce qui a été acheté, ce qui part chaque mois, jusqu’à quand. Le guide sur le paiement en 4 fois au 20 novembre 2026 montre comment faire ce total, mois par mois.
6. Noter d’où venait l’envie
Stress, ennui, fatigue, une pub, une soirée seul devant son téléphone : une envie a souvent une heure et une humeur. Pas besoin d’analyse : un mot à côté de l’objet noté suffit. Au bout de quelques semaines, tu sauras à quel moment te méfier, et ce moment-là mérite un délai plus long que les autres.
Quand en parler à quelqu’un
Ces gestes ne sont pas un traitement. Si plusieurs de ces situations reviennent depuis un moment, parles-en à un professionnel (repères de l’association Addictions France)[10] :
- tu penses aux achats une grande partie de la journée ;
- acheter est devenu ta façon de changer d’humeur ;
- il te faut acheter plus qu’avant pour le même plaisir ;
- tu n’arrives pas à acheter moins, même quand tu l’as décidé ;
- ne pas pouvoir acheter te met mal ;
- les achats prennent trop de place dans ta vie de tous les jours.
Le premier interlocuteur peut être ton médecin traitant[10][11]. Il existe aussi des centres spécialisés, les CSAPA (centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) : ils reçoivent gratuitement et de façon anonyme[11], y compris pour des difficultés sans produit comme les achats compulsifs[12]. Et si c’est l’argent qui presse, les structures ci-dessous aident à faire le point, sans jugement.
Mettre un faux achat entre l’envie et le paiement
Jobbya ne vend rien et ne se connecte à aucune banque. Tu écris ce dont tu as envie et son prix ; l’app te montre le vrai total, te laisse un délai, puis te fait faire l’achat en plusieurs fois pour de faux : rien n’est débité. Si tu laisses passer l’envie, tu peux virer ce que tu aurais payé sur ton épargne, et seul ce que tu as vraiment viré est compté.
Essayer le faux achatGratuit pendant le test. Un abonnement est prévu.
Page écrite le , sources ci-dessous.
Sources
- Délibération n° 2018-303 du 6 septembre 2018 portant adoption d’une recommandation concernant le traitement des données relatives à la carte de paiement, CNIL, point 5.3. Consultée le 28/09/2026.
- « Remplir des formulaires automatiquement dans Chrome », Aide Google Chrome. Consultée le 28/09/2026.
- « Modifier les réglages de notifications sur l’iPhone », Assistance Apple. Consultée le 28/09/2026.
- « Contrôler les notifications sur Android », Aide Android. Consultée le 28/09/2026.
- « La prospection commerciale par courrier électronique, SMS-MMS et automate d’appel », CNIL. Consultée le 28/09/2026.
- Stijn Maesen et Dionysius Ang, « Buy Now, Pay Later: Impact of Installment Payments on Customer Purchases », Journal of Marketing, vol. 89, n° 3, 2025 (en ligne le 5 décembre 2024).
- « Buy now, pay later: one in seven people lose track of payments », BaFin (autorité allemande de supervision financière), 2 février 2026 ; enquête d’avril 2025 auprès de 4 936 personnes de 18 à 60 ans, dont 1 000 qui paient ainsi (achat sur facture à 14 ou 30 jours, facturation mensuelle ou paiement échelonné).
- « Many Americans have experienced buyer’s remorse », sondage Google et Ipsos, 26 juin 2023 ; 1 358 adultes aux États-Unis, interrogés du 12 au 14 mai 2023.
- Aniko Maraz, Mark D. Griffiths et Zsolt Demetrovics, « The prevalence of compulsive buying: a meta-analysis », Addiction, vol. 111, n° 3, 2016, p. 408-419 (4,9 % dans les études représentatives d’adultes).
- « Achats compulsifs : comment savoir si on est addict ? », Association Addictions France, 7 juillet 2023.
- « Addictions : à qui s’adresser ? », ameli.fr (Assurance maladie), mis à jour le 7 novembre 2025.
- « CSAPA : centre de soins pour les addictions », Fil Santé Jeunes, mis à jour le 30 octobre 2021.