Paiement en 3 ou 4 fois : ce qui change le 20 novembre 2026
Jobbya ·
Le paiement en plusieurs fois est-il un crédit ? À partir du 20 novembre 2026, oui : le paiement en 2, 3 ou 4 fois sans frais et les petits crédits de moins de 200 € entrent dans le crédit à la consommation, pour les contrats signés à partir de ce jour-là[1]. Voici ce que ça change, ce que ça ne change pas, et ce que ça veut dire si tu en as plusieurs en cours.
Ceci n’est pas un conseil juridique. Ce guide résume des textes publiés au Journal officiel. Pour ta situation, ce sont ton contrat et ces textes qui font foi ; un Point conseil budget ou une association de consommateurs peut t’aider à les lire.
Le paiement en plusieurs fois est-il un crédit ?
Jusqu’au 19 novembre 2026, non, pas au sens du code de la consommation. Deux financements en étaient exclus : le paiement fractionné, en 2, 3 ou 4 fois, remboursé en trois mois au plus, sans intérêts ni frais ou avec des frais négligeables, et le minicrédit, de moins de 200 €[6]. Les crédits sans intérêts ni frais restaient eux aussi en dehors[5].
À partir du 20 novembre 2026, oui. L’ordonnance du 3 septembre 2025 transpose en France la directive européenne de 2023 sur le crédit aux consommateurs[1][9]. Ces financements deviennent des crédits à la consommation, avec quelques règles allégées pour les plus petits[2].
Pourquoi maintenant ? Parce que ce n’est plus un détail. En 2025, les paiements fractionnés accordés ont représenté 9,8 Md€, soit 14,6 % des crédits à la consommation accordés cette année-là, hors découverts. La Banque de France estime que 16,4 % des dossiers de surendettement traités en 2025 contenaient une dette de paiement fractionné ou de minicrédit, et que 10,5 % des incidents de remboursement de crédit en venaient (rapport de l’Observatoire de l’inclusion bancaire, juin 2026)[6].
Ce n’est pas une raison d’avoir peur de chaque paiement en 4 fois. L’Observatoire parle surtout d’un risque « en cas de souscription multiple », ou pour des budgets déjà fragiles[6]. C’est ce cas que regarde la dernière partie de ce guide.
Ce qui change le 20 novembre 2026
Un contrat de crédit, et une fiche avant de signer
Chaque paiement en plusieurs fois concerné devient un contrat de crédit à la consommation. Avant de t’engager, tu reçois une fiche d’information standardisée, avec le coût du crédit et son taux annuel effectif global (TAEG)[6]. Pour ces petits crédits, la loi autorise une fiche un peu plus courte[2]. Si le paiement est vraiment sans frais, ce taux sera de 0 % ; s’il y a des frais, c’est là qu’ils se verront.
Une vérification de ta capacité à rembourser
Le prêteur doit évaluer ta solvabilité avant d’accorder le crédit, à partir d’informations comme tes revenus et tes autres engagements[1]. Pour le paiement fractionné et les minicrédits, la Banque de France parle d’une analyse « allégée »[6]. Le prêteur devra aussi garder la trace de ce qui a fondé sa décision, pendant toute la durée du crédit[4].
Une publicité qui dit que c’est un crédit
Les publicités devront porter la mention « Attention ! Un crédit coûte de l’argent et doit être remboursé ! ». Elles n’auront plus le droit de mettre en avant la facilité d’obtenir le crédit[1][5].
Une aide proposée quand ça coince
Chaque prêteur devra repérer les personnes qui ont, ou pourraient avoir, du mal à suivre leurs échéances, et orienter gratuitement celles qui sont en difficulté vers une structure de conseil aux personnes endettées[1]. Le décret d’application précise le moment : dès qu’un incident de paiement peut être déclaré au fichier des incidents de la Banque de France (FICP), le prêteur doit te donner les coordonnées d’au moins une structure, par exemple un Point conseil budget[4].
De son côté, la Banque de France ajoute au FICP, courant 2026, des catégories propres à ces crédits, pour mieux repérer les incidents qui en viennent[6].
Ce qui ne change pas
Les contrats déjà signés
Un paiement en plusieurs fois accepté avant le 20 novembre 2026 continue avec les règles d’avant[1][3].
Le délai de rétractation : 14 jours, pas 30
Tu liras peut-être qu’il passe à 30 jours : ce n’est pas ce que dit le texte. Le délai pour renoncer à un crédit à la consommation reste de 14 jours. Ce qui est nouveau : si le prêteur ne t’a pas remis l’offre et les informations prévues, ce délai peut courir jusqu’à douze mois et quatorze jours après la signature, et il ne se ferme pas si personne ne t’a informé de ce droit[1]. Ce délai concerne le crédit ; renvoyer l’objet acheté suit d’autres règles.
Le FICP reste facultatif pour les petits crédits
Pour les crédits de moins de 200 €, et pour ceux de trois mois au plus sans intérêts ni frais (ou avec des frais négligeables), le prêteur n’est pas obligé de consulter le fichier des incidents[1][2].
Certains paiements différés restent en dehors
Quand c’est le vendeur lui-même qui te laisse payer plus tard, sans intérêts et sans autre organisme qui finance, dans un délai court (50 jours, ou 14 jours pour une grande entreprise qui vend en ligne), ce n’est toujours pas un crédit au sens du code[1].
Payer en plusieurs fois reste possible
La loi encadre ces paiements ; elle ne les interdit pas.
Tu en as plusieurs en cours : ce que ça veut dire concrètement
La loi fait vérifier chaque crédit, un par un. Personne ne fait l’addition à ta place.
- Chaque prêteur regarde sa demande. Pour un paiement de moins de 200 €, ou remboursé en trois mois sans frais, il n’est pas obligé de consulter le FICP[1]. Et même quand il le consulte, ce fichier ne recense que les incidents, pas les crédits qui se remboursent normalement[7] : tes autres paiements en cours n’y apparaissent pas tant qu’aucune échéance n’a été manquée.
- Deux régimes vont cohabiter. Pendant quelques mois, tu peux avoir en même temps des paiements signés avant le 20 novembre, aux règles d’avant, et d’autres signés après, aux nouvelles[1][3].
- Perdre le fil est courant. En Allemagne, 14 % des personnes qui achètent en ligne en payant plus tard (facture à régler sous 14 ou 30 jours, paiement mensuel ou en plusieurs fois) disent avoir déjà perdu le fil de ce qu’elles devaient, 24 % chez les moins de 30 ans (BaFin, enquête d’avril 2025 publiée le 2 février 2026)[8]. Et payer en plusieurs fois allège la contrainte financière ressentie, si bien qu’on achète davantage : c’est ce que montre une étude publiée dans le Journal of Marketing en 2025, sur les achats réels des clients d’un grand distributeur américain puis dans trois expériences[10].
Exemple
Trois achats en quelques semaines, chez trois organismes différents. Une échéance par mois pour simplifier ; les montants sont inventés pour l’exemple.
| Mois | Casque 4 × 60 € |
Veste 3 × 40 € |
Courses 4 × 25 € |
Ce qui part |
|---|---|---|---|---|
| Octobre | 60 € | – | – | 60 € |
| Novembre | 60 € | 40 € | – | 100 € |
| Décembre | 60 € | 40 € | 25 € | 125 € |
| Janvier | 60 € | 40 € | 25 € | 125 € |
| Février | – | – | 25 € | 25 € |
| Mars | – | – | 25 € | 25 € |
| En tout | 240 € | 120 € | 100 € | 460 € |
Aucune mensualité ne dépasse 60 €. Pourtant, en décembre et en janvier, ce sont 125 € qui partent, et 460 € en tout. Le casque et la veste, pris en octobre et début novembre, suivent les règles d’avant. Les courses, prises en décembre, sont un crédit au sens du nouveau texte, mais à moins de 200 € et en trois mois : le prêteur n’est pas obligé de consulter le FICP, et il n’y verrait de toute façon ni le casque ni la veste.
Faire ton total, une fois
Une feuille suffit : pour chaque paiement en cours, ce qui a été acheté, ce qui part chaque mois, et la date de la dernière échéance. Ensuite, additionne mois par mois. Le chiffre qui compte n’est pas la plus petite mensualité, c’est la dernière colonne.
Si un paiement en plusieurs fois t’est refusé, c’est une information sur ta situation du moment, pas un obstacle à contourner. Et si une échéance risque de ne pas passer, parles-en tôt : au prêteur, qui devra t’orienter gratuitement vers une structure de conseil pour les contrats signés à partir du 20 novembre[4], ou directement aux structures ci-dessous.
Voir le total avant, plutôt qu’après
Jobbya ne prête rien, ne demande aucune carte et ne se connecte à aucune banque. Tu écris une envie et son prix, tu notes ce qui part déjà chaque mois, et tu vois le vrai total posé par-dessus. Puis tu peux faire le paiement en plusieurs fois pour de faux : rien n’est débité.
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Page écrite le , sources ci-dessous.
Sources
- Ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025 relative au crédit à la consommation, Journal officiel du 4 septembre 2025, Légifrance. En vigueur le 20 novembre 2026. Consultée le 28/09/2026.
- Rapport au Président de la République relatif à l’ordonnance n° 2025-880, Légifrance, septembre 2025. Consulté le 28/09/2026.
- Décret n° 2026-105 du 19 février 2026 relatif au crédit à la consommation, Journal officiel du 20 février 2026, Légifrance (article 30 : contrats en cours). Consulté le 28/09/2026.
- Décret n° 2026-719 du 1er août 2026 relatif au crédit à la consommation, Journal officiel du 2 août 2026, Légifrance. Consulté le 28/09/2026.
- « Crédits à la consommation : les règles évoluent pour prévenir le surendettement », Service-public.gouv.fr, publié le 17/09/2025, mis à jour le 12/08/2026.
- Observatoire de l’inclusion bancaire, rapport annuel 2025, Banque de France, juin 2026, encadré p. 24-25.
- « Le fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) », Banque de France. Consulté le 28/09/2026.
- « Buy now, pay later: one in seven people lose track of payments », BaFin (autorité allemande de supervision financière), 2 février 2026 ; enquête d’avril 2025 auprès de 4 936 personnes de 18 à 60 ans, dont 1 000 qui paient ainsi (achat sur facture à 14 ou 30 jours, facturation mensuelle ou paiement échelonné).
- Directive (UE) 2023/2225 du 18 octobre 2023 relative aux contrats de crédit aux consommateurs, Journal officiel de l’Union européenne du 30 octobre 2023, EUR-Lex.
- Stijn Maesen et Dionysius Ang, « Buy Now, Pay Later: Impact of Installment Payments on Customer Purchases », Journal of Marketing, 2025.